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Déontologie, quand tu nous tiens!

Quel beau réveil ce matin! Encore un exploit du corps médical! Pour une fois les médecins n'y sont pour rien, ce sont les apprenties infirmières qui s'y collent. Si ce métier demande de la passion, cette passion se limite certainement aux brochures des écoles et des diverses offres de formation.

Machine, élève infirmière en troisième année, se plaint d'avoir été réquisitionnée dans un centre de vaccination pour faire les sus-nommés vaccins. La plainte, telle que formulée, est surtout concentrée sur le fait qu'elle ne sera pas payée pour le faire, hormis son allocation de stage, précise-t-elle inconsciemment.
Une nouvelle dérive? Non, une évolution. Il n'y a rien de gênant à annoncer que son ultime but dans la vie est de gagner de l'argent. Particulièrement, quand nous exerçons des métiers que nous pouvons recouvrir qu'un plaquage humanitaire glorieux. Qu'importe si nous faisons un métier qui ne nous correspond pas, qu'importe si nous serons dépressifs durant 40ans, du moment que ça rapporte. Mieux vaut être riche et névrosé que pauvre et heureux. La notion de vie n'existe plus car elle n'a pas de cotation et nous en sommes fiers.
Petitesse quand tu nous tiens!

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Suggestion de mots-clefs : université pour formation à distance en déontologie médicale pour un medecin dentiste ; jeu de mot "deontologie" ; boulot boulot quand tu nous tien ;
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7 avis pour “Déontologie, quand tu nous tiens!”
  1. J'ai un boulot qui ne me passionne pas, mais qui ne me stress pas en général.
    Il me permet de gagner ma vie et d'avoir un temps partiel.
    Ce temps partiel me permet de trouver le bonheur en dehors du boulot ;-)

    Sinon, je suis d'accord sur le fait que ces étudiants ne devraient pas manifester contre leur réquisition, étant donné le but humanitaire.
    Mais il faudrait quand même tenir compte de cette intervention dans leur cursus : ils ont des cours à suivre, des examens en fin d'année, c'est leur avenir qui est en jeu tout de même.

    Par DMA | mercredi 9 décembre, 13:44
  2. Je trouve la réaction de cette étudiante surprenante d'autant plus qu'elle serait rémunérée (a priori en sus de allocation de stage), selon les dires même de Roselyne B. hier sur Inter. J'ai bien écrit "serait" car il y a bien longtemps que je ne crois plus en la parole des politiques.

    Quand à l'évolution du corps médical que tu décris  - en faisant moi-même parti -  je suis bien d'accord. La faute à qui ? la faute à quoi ? Une société qui a évolué vers le Dieu Consommation où l'argent est Roi.

    Dans cette société même les plus bonnes intentions sont automatiquement dénaturées.

    L'Humanicus Mediculus était respecté et ce respect faisait parti de sa "rémunération". Aujourd'hui il est considéré comme un vendeur de soin, il n'est plus respecté alors comment s'étonner qu'il cherche la valorisation de sa profession dans la rémunération financière, c'est la seule issue - à moins d'accepter d'être pris pour une andouille en permanence.

    J'irai même plus loin, aujourd'hui il n'est même plus un vendeur de soins, c'est un "creuseur"  de déficits. Il est responsable de tout et coupable de tout.

    Par Tekiro | mercredi 9 décembre, 14:38
  3. Mais je pourrai dire la même chose de beaucoup d'autre corps de métier mais la plupart on déjà perdu l'estime du publique (et leur déontologie passée aux oubliettes).  Alors je m'attaque au corps médical car c'est un corps qui se réfugie constamment derrière une déontologie qui n'existe que comme paravent et derriére les autres, i.e. les patients. Je parle de corps de métier et non d'individu ici.
    Maintenant les médecins profitent d'un système qui les favorise. A chacun de juger cet état de fait (note personnelle: et actuellement si des gens sont contre c'est principalement parce qu'ils n'ont pas ces faveurs). Mais ce qui me dérange le plus, c'est leur inconsistance face à cette réalité. Nous les entendons prôner leur indépendance et leur libéralité alors qu'ils ne vivent que sur l'argent de l'état (sécurité sociale) et des mutuels.  Tout comme les avocats et notaires nous les voyons mettre ne place un système qui oblige les gens à passer par le plus d'intermédiaires avant d'arriver au bon (dentiste -> généraliste -> stomatolgue pour faire un des parcours les plus simples, sans compter les consultations à 95€ les 20 min). Avec à chaque étape du processus des promesses qui ne sont jamais tenues mais qu'on pardonne car ils sauvent la vie des gens... Je ne parlerai même pas de la face cachée de l'iceberg qui se trouve du côté de la recherche.
    Beaucoup n'ont pas conscience de cela et considèrent que tout leur est du: 8ans d'études + "je sauve la vie des gens" = un être supérieur. Ils font la même erreur que les professeurs qui à une époque ont troqué leur statut contre de l'argent. Nous voyons maintenant le respect qu'inspire un instituteur et un enseignant... Pendant longtemps, le médecin (comme l'instituteur) se trouvait comme lien social de la population.  Il soignait les gens riches ou pauvres. Maintenant nous arrivons au temps des clivages externes: médecine pour riche, médecine pour pauvre mais aussi aux clivages internes: allergologue mieux côté que chirurgie dans les écoles (car plus lucratif et moins contraignant). Cette fragmentation ne va certainement pas dans le sens de la valorisation (sociale et morale) de ce métier. 

    Quand "medecins coupables de tout?". Ils ne forment pas une Société à eux seuls, il me semble. Ils n'ont pas fait de révolution non plus. Ils demandent,  on leur donne. C'est ce "on" qui est le coupable, et une majorité (+ une voix) de gens a voté pour ce "on". Tiens on retrouve une Société ici. Mais je continue de penser que le corps médical devrait au moins faire semblant de respecter des limites et de ne pas sans cesse noircir un tableau qui est quand même encore bien clair.


    Par Michey | mercredi 9 décembre, 15:52
  4. Nous les entendons prôner leur indépendance et leur libéralité alors qu'ils ne vivent que sur l'argent de l'état (sécurité sociale) et des mutuels

    Là je ne suis pas d'accord, ils ne vivent pas de l'argent de la SS et des mutuelles.

    SS et mutuelles sont des moyens pour favoriser l'accès de tous aux soins, c'est tout.

    Pour les chirurgiens dentistes par exemple, depuis le passage à ce que l'on appelle l'opposabilité - le fait que les soins dentaires aient un tarif fixe et imposé dans toute la France - avec à ce moment là le remboursement des soins dentaires par la SS - en euros constants les revenus des praticiens se sont effondrés.

    Il faut d'ailleurs savoir que certains syndicats n'attendent qu'une chose, la fin du remboursement par la SS des soins dentaires. Ce n'est pas le souhait du syndicat majoritaire qui, malgré tout ce que l'on peut dire, a quand même conscience de la nécessité de maintenir un système permettant l'accès de tous aux soins.

    Dans les pays où il n'existe pas ou peu de protection sociale dans le domaine dentaire le coût des soins est à multiplier par un facteur 3 minimum.

    Il est d'ailleurs intéressant d'étudier les "flux migratoire" des Chir-Dents. De plus en plus de praticiens français quittent la France pour l'Angleterre (dont le NHS - National Health Service fait feu de tout bois pour recruter des praticiens étrangers et à des conditions financières - on y revient - vraiment très intéressantes ), pour l'Espagne aussi, l' Algérie ... et oui !

    Alors qu'en France nous accueillons des praticiens Roumains à diplôme Roumain, des Polonais à diplôme Polonais c'est ça l'Europe des 27 (équivalence des diplômes) , mais aussi des praticiens Roumains à diplôme Moldave. Pourquoi viennent-ils en France alors que les Français la quittent ? Peut-être qu'ils ont besoin de travailler dans un système étatique ou que de toute façon en France ils ne comptent pas y rester mais cela fait bien sur la carte de visite, et quand on ne reste que quelques années, cela permet d'user et d'abuser avant de voir la SS à porter plainte, va savoir ...

    Quand à la notion d'indépendance et de libéralité j'estime que même si elle est de plus en plus bafouée et j'irai même jusqu'à dire "punie" par l'état - il suffit de voir le projet de suppression de taxe professionnelle - elle existe toujours.

    Et contrairement à ce que l'on croie la médecine libérale - ou en tout cas la chirurgie dentaire libérale est beaucoup plus économiquement rentable pour la SS. Il n'y a qu'à étudier les bilans des centres dentaires SS et mutualistes pour s'en rendre compte. Il n'y avait qu'à lire les contrats de travail des chirdents salariés dans ces centres pour comprendre qu'ils doivent être RENTABLE et que la qualité des soins passe au second plan. Ces cabinets n'assurant d'ailleurs pas la permanence des soins, un comble pour un service public quand le privé lui est obligé de l'assurer !

    Il n'y a qu'à lire les relevés d'actes réalisés par ces centres pour se rendre compte qu'ils "surfacturent" la SS, non pas financièrement - car les prix sont fixes - mais par le nombre et surtout le non respect de la nomenclature des soins. Sans que jamais les praticiens conseils des caisses de SS ne fassent aucune enquête.

    Par Tekiro | jeudi 10 décembre, 11:01
  5. SS et mutuelles sont des moyens pour favoriser l'accès de tous aux soins, c'est tout.

    Ce n'est pas très joli SS mais bon....

    L'idée de base de la sécurité sociale est excellente. Tout comme j'estime que les actes dentaires à prix fixes une bonne idées (sous certaine condition).

    Mais si des dentistes (et les autres aussi je suppose) partent en GB, c'est bien parce qu'ils sont plus intéressés par leur porte monnaie que par leur métier. Le métier n'est plus qu'un moyen de gagner de l'argent. Pourquoi pas, mais dans ce cas que les membres du (des) corps médical(aux) arrêtent de mettre systématiquement en avant dans leur revendication: l'action vers les autres, les soins pour tous, le dévouement pour ses patients... Cette mentalité, ce double langage m'exaspèrent toujours au plus haut point et plus particulièrement à 7h du matin. 

    Bon avec la nouvelle génération, je sais qu'au moins ceci va disparaître. Les étudiants jouent carte sur table peut-être continueront-ils après...


    Sinon je ne savais pas que la roulette russe était remboursée par la sécu.  Super smile

    Par Michey | jeudi 10 décembre, 18:41
  6. Le porte monnaie car il conditionne les conditions de travail.
    * c'est en France qu'il y a le moins d'assistantes dentaire par praticien (moins de 0,5 par praticien, contre 3 en Allemagne)

    Le porte monnaie car il conditionne les méthodes de travail.
    Le porte monnaie car il permet de mettre en application ce que l'on apprend en formation continue.

    Est-il normal que ce que l'on apprend en formation continue soit impossible à effectuer en cabinet à 95% pour de simple raison de coût ? Quand la simple addition du coût des matériaux utilisés est supérieur au tarif fixé !!
    Certains le font
    -> les professeurs d'université car ils ont un droit au dépassement permanent et donc ne sont pas concerné par les tarifs fixes.
    D'ailleurs dans ces conditions est-ce normal que cette formation continue soit obligatoire ?
    Ces gens qui nous gouvernent ne nous prennent-ils pas pour des cons !
    Il y a largement de quoi comprendre ces exodes, de quoi comprendre aussi pourquoi de plus en plus de professionnels de santé en ont ras le bol de leur boulot.

    Et le pire, c'est qu'ils sont dans l'obligation de réaliser des soins conformes aux données acquises de la science, celle que l'on nous enseigne dans ces formations et quand on parle du coût, les seules réponses sont : débrouillez-vous, déconventionnez-vous, partez à l'étranger.
    C'est ça la réalité.

    Quand il y a une telle distorsion entre les obligations et la réalité comment ne pas comprendre le malaise ! Comment aimer ce que l'on fait dans ces conditions ? La seule chose agréable dans ce métier ceux sont les contacts avec patients, enfin une partie des patients. Mais est-on obligé de faire ce métier pour avoir des contacts ?

    Il faut être clair, aujourd'hui dans le domaine dentaire, si l'on éliminait tous les cabinets (libéraux ou non) qui ne respectent pas l'ensemble des obligations en terme de données acquises de la sciences on ferme 98% des cabinets français.
    Et si l'on ajoute les diverses, nombreuses et couteuses obligations en terme de contrôles de tout poil, de normes et autres directives, on ferme tous les cabinets, pas un seul ne pourrait rester ouvert.

    Et malgré tout çà les cabinets restent ouverts et assurent leur rôle dans le domaine de la santé dentaire.
    De toutes les façons tout le monde le sait, tous les dentistes sont des voleurs, des s*l*uds, SAUF le sien.




    Par Tekiro | jeudi 10 décembre, 19:45
  7. Est-il normal que ce que l'on apprend en formation continue soit impossible à effectuer en cabinet à 95% pour de simple raison de coût ? Quand la simple addition du coût des matériaux utilisés est supérieur au tarif fixé !!
    Certains le font
    -> les professeurs d'université car ils ont un droit au dépassement permanent et donc ne sont pas concerné par les tarifs fixes.
    D'ailleurs dans ces conditions est-ce normal que cette formation continue soit obligatoire ?
    Ces gens qui nous gouvernent ne nous prennent-ils pas pour des cons !
    Il y a largement de quoi comprendre ces exodes, de quoi comprendre aussi pourquoi de plus en plus de professionnels de santé en ont ras le bol de leur boulot.

    J'aime beaucoup ce passage, tu nommes la profession bénie du corps médical (et n'y vois aucune ironie). Mais c'est ici que tu te frottes à la mafia médicale. Je crois effectivement que ce « on » (toujours ce « on » élu) préfèrerait voir les dentistes (et certains autres spécialistes) dans de grosses structures privées où on pourra gérer les caries de manière statistique.
    Mais bon, mon attaque ne vise ni à piquer les dentistes qui ont au moins le mérite d'exercer une activité ou finalement il y a peu de consommateurs effrénés, ni même les autres dont les pratiques ne me choquent pas plus que ça puisqu'il existe les structures pour les contrôler si « on » en avait l'envie (dans le pire des cas, ce n'est pas un type qui écrit des rubriques sur les pirates qui va s'en prendre aux voleurs), mais à exprimer un raz-le-bol d'un certain abus de position qui s'est transformé en privilège. Privilèges tellement naturels que les bénéficiaires semblent totalement ignorer que ce n'est pas partout pareil, et que ceux qui savent masquent derrières des discours édifiant de mauvaise foi.

    Par esperluette | jeudi 10 décembre, 20:37
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